« Nous avons été accompagnés dans toutes nos décisions » - Richard


Je suis associé avec ma conjointe. Au départ, l’impôt nous tracassait un brin. On s’était fait dire par d’autres producteurs que ça coûtait une «beurrée». Il y a deux ans, quand notre comptable nous a remis nos états financiers, on lui a dit qu’on regardait pour intégrer deux enfants à la ferme. Il nous a expliqué en gros comment ça pourrait se faire. L’aspect fiscal c’est important, mais un transfert ne se résume pas à cet aspect. Pour nous donner une réponse satisfaisante, il fallait savoir ce que l’on voulait. Il nous a mis en contact avec un agronome en gestion et un conseiller en transfert.

Un transfert familial peut paraître plus facile. Il est vrai qu’on n’a pas à chercher de relève. Par contre, comme on se connaît, oublier les erreurs du passé demande un peu plus d’efforts. Aussi, il y a le souci des autres enfants. Être équitable, ce n’est pas évident. On veut tous les aider et on ne veut surtout pas de chicane.


Connaître le présent pour préciser le futur

Le conseiller en gestion a fait un diagnostic de notre entreprise ainsi que l’évaluation à la valeur marchande. Ça nous a été utile, car les jeunes avaient moins l’habitude de regarder les chiffres.

Ce n’est pas souvent dans notre vie qu’on fait un transfert. On ne sait pas trop comment faire cela. Le conseiller en transfert est là pour cela. Il nous guide pour qu’on pose les bonnes actions au bon moment et qu’on prenne nos décisions pour les bonnes raisons. À quatre, vous savez, on n’a pas tous la même vision. On s’entendait sur la finalité et on était en désaccord sur le chemin à prendre pour y arriver. C’est avec le support du conseiller en transfert et du conseiller en gestion qu’on a réussi à préciser ce qu’on voulait.


Prendre le temps

Les jeunes avaient très peu travaillé ensemble. On voulait qu’ils travaillent au moins un an à la ferme avant de faire un transfert de parts. Ce n’est pas à cause de l’impôt, car le fiscaliste nous a présenté un bon scénario et on aurait pu intégrer les deux enfants tout de suite. Le succès de notre transfert passait par une équipe forte d’où l’importance qu’on travaille ensemble. À partir de là, les jeunes ont été impliqués dans toutes les discussions et décisions. Ils étaient présents quand on rencontrait nos partenaires financiers, le comptable ou tout autre conseiller.


Se préparer

Ce n’est pas évident de fixer un prix de vente. On voulait avoir assez d’argent pour vivre sans mettre les jeunes dans la misère. Avec notre planificateur financier, on a estimé nos besoins à la retraite. À vrai dire, ce ne sera pas vraiment une retraite, car on va toujours donner un coup de main à la ferme. Mais comme on va changer de maison dans trois ans, qu’on a deux autres enfants et qu’il y a des projets pour la ferme; c’était important qu’on le précise. Avec nos conseillers, on a évalué si tout ce qu’on voulait était réalisable. Le conseiller en gestion a fait quelques versions de budget. C’est plus facile de faire des modifications sur papier …


Trouver du temps pour se parler

C’est surprenant pareil. On pense que les jeunes connaissent bien l’entreprise et qu’ils savent ce qu’il y a faire. Ce n’est pas le cas. Coaché par notre conseiller en transfert, on a instauré nos rencontres du lundi pour planifier notre semaine. Au début, ça ne nous tentait pas tellement. Mais notre p’tite demi-heure du lundi nous a fait sauver bien du temps et épargner beaucoup de malentendus.


Un bout de chemin de fait

Les jeunes ont des parts depuis deux ans. Ils ont eu droit, entre autres, à la prime à l’établissement de la Financière agricole du Québec. On gère ensemble, tous les quatre, pour quelques années encore. Notre transfert est planifié. On a un plan. On a également revu nos assurances vie et invalidités. On a une convention d’actionnaires ainsi que nos testaments et nos mandats en cas d’inaptitude. C’est rassurant!

TRANSFÉRER SA FERME ...

Ce projet est une initiative du Comité Relève agricole de la Table de concertation bioalimentaire du Bas-Saint-Laurent